|
LORTET et ses grottes Extrait de la monographie du 14 Avril 1887
écrite par l'instituteur Mr Pujolle en poste à l'époque La commune de Lortet se trouve dans la charmante vallée de la Neste, dont la beauté et la fertilité offre un agréable contraste au voyageur qui vient de parcourir le plateau aride et désert de Lannemezan. Le versant oriental, sauf quelques petites propriétés sur la rive droite de la Neste offre une pente à peu près uniforme entrecoupée de deux ravins assez fortement prononcés et produit de bon pâturages aux habitants qui y mènent paître leurs bestiaux pendant la plus grande partie de l’année. Dans cette partie du territoire se trouve un rocher s’élevant perpendiculairement à une hauteur de plus de cent vingt mètres au dessus du niveau de la Neste, juste en face d’une partie du village et qui serait un danger continuel pour les habitants si des quartiers de rocher venaient à se détacher. Heureusement que cela ne se produit jamais, à moins que les bergers ou les troupeaux ne fassent rouler quelque pierre détachée du haut de ces précipices. Ce rocher est vraiment remarquable, non seulement par sa hauteur et ses aspérités où poussent le lierre et quelques chétifs arbustes qui , surtout en hiver, couverts de neige, offrent un aspect des plus grandioses et des plus sauvages à la fois tel qu’on en rencontre rarement dans les lieux habités mais encore par ces nombreuses grottes d’un caractère tout particulier. Qu’on se figure en effet devant soi cette imposante masse, coupée au centre par une énorme brèche et dont les deux parois latérales sont réunies par une admirable maçonnerie en brique, de solidité à toute épreuve, percée de créneaux, donnant la lumière à un escalier à spirale taillé dans le roc et d’où les défenseurs de cette forteresse sans pareille pourraient tirer à coup sur sur les assaillants, tout en étant à l’abri de tous les efforts de ceux ci, une galerie naturelle large de deux mètres environ à moitié hauteur de cette pyramide, fermée au Nord par le rocher lui même, et d’où l’on aperçoit au dessus de sa tête la partie supérieure s’élevant à pic et formant voûte en certains endroits ; sous ses pieds l’immense précipice qui semble vous attirer au fond duquel les hommes n’apparaissent que comme des enfants ; trois ou quatre grottes s’ouvrent dans cette galerie, d’une profondeur inconnue tantôt hautes et larges comme de vastes chambres, tantôt basses et étroites, sortes de passages obscurs , obstrués aujourd’hui par des débris de toute nature ; stalactites, stalagmites, terres et pierres mouvantes, ressemblant à des portes infernales , derrière lesquelles habiteraient une horde de démons, et l’on aura qu’une faible idée de ce lieu bizarre et sauvage. Outre ces grottes dont je viens de parler , il existe à Lortet , sur le chemin de Bazus, une autre grotte bien plus célèbre et plus intéressante parce qu’elle paraît avoir servi d’asile à l’homme ante – diluvien. Cette grotte ou des fouilles ont été faites en 1873 par l’archéologue Piette, contenait à cette époque, sous une concrétion pierreuse épaisse de plus de vingt centimètres , les fossiles les plus curieux comme les plus précieux par la variation et la diversité des spécimens , que l’on puisse trouver sur le globe terrestre. Ce lieu servait en même temps de sépulture, s’il faut en juger par les nombreux ossements humains qui s’y trouvent encore aujourd’hui . Cette grotte à certaines époques, ou pendant quelque grand bouleversement terrestre a servi aussi de repaire à toute espèce d’animaux, car là, se trouvent réunis les os des animaux les plus divers, connus et inconnus. Le vide de cette grotte qui autrefois était très vaste tend à diminuer depuis par suite du boursouflement du calcaire et par l’augmentation extraordinaire des stalactites. La Neste roule sur un lit sablonneux et pierreux environ six mètres cubes d’eau claire limpide et d’une saveur extraordinaire, ce qui permet de l’utiliser au besoins du ménage ; et nourrit dans son sein une excellente truite qui peuplerait en peu de temps cette rivière d’une quantité considérable de poisson, si l’empoisonnement ne se pratiquait sur une aussi large échelle. Les grottes dont j’ai parlé plus haut sont certainement l’œuvre de la nature, mais en les examinant attentivement, on peut affirmer qu’elles ont été agrandies par la main des hommes. Quand et dans quel but ? L’absence de documents me force à m’en rapporter, soit aux probabilités, soit à la tradition. Le mur monumental dont il a été parlé, cet escalier taillé dans le roc, qui est une merveille, peuvent bien recevoir, à cause de leur importance et de la difficulté qu’il y avait à les construire la dénomination de Travail de Romain . Or un peuple seul sachant manier la truelle le compas et le ciseau, était capable d’exécuter de pareils chefs d’œuvre . Aussi pourquoi ne pas conclure que tout cela a été exécuté par les Romains mais à quelles fins ? Certains prétendent que ces grottes ont contenu des filets d’or ( d’où serait venu le nom de Lortet ) , et c’est pour l’exploitation de ces mines que cet escalier aurait été construit. Quoi qu’il en soit les marches de cet escalier ont du servir à un fréquent usage, à en juger par l’usure de la pierre aux endroits où l’on doit forcément poser le pied pour monter et descendre. Plus tard, ajoute la tradition , ces grottes ont servi de forteresse pendant les guerres de la féodalité et de religion ; c’est de là qu’aurait été bombardé la ville d’Alias qui était située entre Lortet et Izaux. lien: http://www.baronnies.com/monographielortet.htm à suivre...
|